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 Gloomy memories : souvenir d'une journée orageuse.

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MessageSujet: Gloomy memories : souvenir d'une journée orageuse.   Sam 30 Avr - 19:06

Le premier jour que tu dus travailler chez Henriette, la fleuriste, tu étais très nerveuse. Tu n'étais pas vraiment habituée à parler en public même si tu avais déjà travaillé derrière un comptoir dans la boutique de ton frère. De plus, tu avais certes été plutôt célèbre par le passé mais, tu n'avais pas à faire des discours sur scène. Non. Tu n'avais qu'à chanter et à te mouvoir. Ce n'était guère pareil car, ici, il te fallait apprendre à tes congénères des choses sur les plantes, les renseigner et autres, souvent, tu devais même traiter avec des enfants qui venaient acheter des fleurs pour leurs mères ou leurs grand-mères.

Le ciel était couvert, ce jour-là et l'orage ne tarda point à éclater. Le regard rivé à l'extérieur du local, où la pluie ruisselait sur les vitres : tu étais absente, mentalement parlant, accoudée sur le comptoir - distraite. Hm. Ce fut un jour comme celui que ton meilleur ami et tout premier animal de compagnie trépassa – je crois.

Combien de temps faisait-il, désormais ?
Plus d'une décennie, sûrement...
*** Flashback ***

À l'époque, des barreaux n'ornaient pas encore les fenêtres de ta chambre, tu n'avais pas encore essayé de fuir du manoir, des épais rideaux sombres bloquaient les rayons du soleil afin que ton jumeau et toi n'en soyez point blessés. Tu avais essayé d'aller dehors, pour arroser les roses qu'on avait planté sur le sépulcre de ton seul ami : Aleksander, ton chien. Tu te souvenais bien de ce qui s'était passé mais tu refusais d'y penser : tu revoyais la scène sans cesse, dès que tu fermais les yeux. Il n'y avait pas de mots pour décrire ce que tu avais pu ressentir. Il pensait qu'il était malade ou un truc du genre et, ni toi ni votre père ne lui avez jamais dit la vérité. On ne chercha point à te réconforter ni même, à étouffer tes sanglots. Raconte-le nous, pauvre rossignol.

Oseras-tu le faire ?
Oseras-tu t'en remémorer ?

Innocente et confiante, tu sommeillais. Confortablement blottie contre ton compagnon poilu, le visage posé contre la fourrure de son dos. Rien ni personne ne peut interrompre ton sommeil, pensait-on. Tu dormais toujours paisiblement quand ton ami était là mais le personnel, surtout le majordome en chef, se faisait grogner dessus dès qu'on osait t'approcher - Ewi' l'avait enseigné ainsi pour qu'il te protège. Ce chien était comme un frère de plus, vous l'adoriez et il dormait toujours avec vous. Ainsi, Aleksander n'était pas idiot et ne manquait pas de montrer les crocs à ces asticots, ces ordures qui te craignaient autant qu'ils étaient choqués par votre présence - la tienne et celle de ton frère : vous les dégouttiez, pourtant, vous étiez humains et relativement normaux... Tandis qu'ils faisaient du mieux qu'ils pouvaient pour supporter ton jumeau, pour eux, tu étais la source de tous les maux qui s'abattaient sur la maison : tu étais un monstre monochrome au regard changeant qui lisait en eux comme dans un livre ouvert et ça les essayait. On te prenait toujours de haut quand on ne cherchait pas à t'ignorer : tu ne valais rien à leurs yeux et ton mentor ne prenait point ta défense - ton frère non plus et c'est bien pour cela qu'il avait appris à Aleksander à faire ce qu'il n'avait pas le courage de faire. Nonobstant et hormis ce majordome, personne ne détestait ce pauvre chien. Il était orgueilleux et agir comme une lopette quand Aleksander lui aboyait dessus ou lui grognait était quelque chose qui l'insupportait. Il ne avait honte, il se sentait humilié et avait menacé le chien à plusieurs reprises. Il l'avait même frappé avec le journal ou poussé du pied brusquement. Il l'enfermait dehors, parfois. C'était une mauvaise personne, une vermine...

Il était tôt, ce jour-là.
L'aube ne pointait pas encore à l'horizon mais ton frère travaillait encore avec ton père et un son désagréable te réveilla – en sursaut : les oreillers à côté de toi étaient encore chauds mais la porte de ta chambre était ouverte. Un ciel orageux t'attendait dehors mais ce ne fut point le tonnerre qui te réveilla, non, mais des coups et des couinements. Aleksander grognait, tu savais qu'il allait mal, tu as été dans le hall du manoir et tu es restée bloquée face à ce glauque show : le majordome en chef traînait ton compagnon, blessé, attaché avec une corde, escaliers en bas. Il le jeta dans le rez-de-chaussée et lui asséna un autre coup, tu aurais aimé crier pour lui dire d’arrêter, tu aurais aimé lui dire de le laisser mais aucun mot ne sortit de ta bouche, seulement des sanglots - si tu avais été voir ton père, il t'aurait ignorée et envoyée chier, comme d'habitude. Des grosses larmes coulaient sur tes joues pendant que tu voyais ton ami se faire battre sauvagement. Le regard vide, la gueule ouverte, ton compagnon gisait par terre. On l'avait battu à mort et on n'avait arrêté que lorsque son crane commença à saigner.

Afin de s'assurer qu'il n'allait pas s'en remettre, le majordome jeta le corps dehors et lui roula dessus avec la voiture de ton mentor. Il ignorait que tu étais là, que tu l'avais vu et entra en criant pour faire venir quelqu'un pour l'aider : ses boyaux étaient ressortis par son postérieur à cause de la pression qui avait été exercée sur son corps. Tu n'aurais pas dû regarder, tu aurais dû partir, mais tu l'adorais, ce chien. Tu l'aimais tellement que l'abandonner à cet instant-même aurait été inconcevable : mais tu n'avais non plus rien fait pour l'aider, malheureusement. La peur t'avait paralysée, tu étais restée bloquée sur place, les mains accrochées fermement sur les pans de ta robe.

Tu n'as rien mangé de toute la journée et, ce ne fut que le soir que l'homme qui se disait être ton père ainsi que ce maudit majordome vinrent dans vos appartements afin de vous communiquer - à ton frère et à toi - ce que tu savais déjà. Faussement, l'employé s'excusa auprès de vous, sous demande de votre mentor. Même si c'était un homme égoïste, M. Die Rosenberg aimait les animaux. C'était la seule chose qui vous rapprochait. Tu as froncé les sourcils, laissant que tes prunelles virent au noir avant ce lancer sur le majordome tout ce qui t'était passé par la main : un de tes premiers tableaux, des oreillers, tes bottes, ton plateau repas, des robes, des costumes, des chapeaux, tes crayons et pinceaux ainsi que tes cahiers de dessin. Ton frère essaya de t'arrêter mais, quand il capta tes émotions, celles que CET homme t'avaient inspiré, il fit de mêmes. Vous ne l'aviez pas manqué et ce, malgré le haussement du ton de votre mentor, qui vous criait d'arrêter. L'un de tes cahiers s'ouvrit en tombant par terre et montra ce que tu avais avais dessiné aujourd'hui : la macabre scène dont tu avais été témoin plus tôt, dans la journée. Tu avais écrit en lettres capitales les mots « assassin » et « menteur » un peu partout sur ces gribouillages. Tu as pleuré en silence, leur faisant signe de partir, tu ne voulais voir personne. Ton frère se mit à haïr cet homme, sans même voir tes dessins... éprouvant ce que tu n'arrivais pas à éprouver de part ta gentillesse et ton innocence.

En détaillant tes dessins, ton père comprit que tu avais vu quelque chose de monstrueux. Le majordome pâlit et, pour la première fois dans ta vie, votre mentor fut de ton côté. Il se pencha pour récupérer les blocs de dessins puis les posa sur ta table de chevet avant de pousser son majordome hors de votre chambre; Ewidhyen t'enlaça doucement pour te réconforter pendant que tu peinais à lui raconter ce qui s'était passé, ce que CET homme avait fait à votre chien. Cette vermine reçut une correction exemplaire et fut envoyé en prison pour agression à son patron, violence animale, vol et négligence d'un contrat à long terme : en fouillant dans ses affaires, on avait trouvé des objets de valeur portant le blason des Die Rosenberg et qu'il avait l'intention de revendre, comme il avait toujours fait.

À quelques mètres du manoir, non loin de votre balcon, au pied du saule pleureur que tu aimais tant, votre mentor demanda à M. Lionel - un autre des majordomes - d'enterrer le chien et de planter un rosier bleu sur son sépulcre pour de te faire plaisir. Il demanda même à ce qu'une roseraie soit plantée en cercle, autour de la tombe de votre compagnon. Muette, comme à ton habitude, tu as observé votre père faire depuis votre fenêtre - ton frère préférait ne pas regarder parce que ça l’énervait davantage.

Ce jour là, on n'entendit aucun oiseau chanter ; aucun corbeau ne braillait sur les aulnes, aucun moineau ou rouge-gorge ne gazouillait sur le laurier. Aucune corneille sur les ormes, pas même des colombes. Rien. Vous ne pouviez entendre que le vent siffler et le tonnerre écorcher les sombres nuages qui noyèrent votre hameau avec leurs chaudes larmes – ils semblaient t'imiter, compatissants.

Lorsque votre mentor leva la tête en ta direction, tu as tiré les rideaux et tu es retournée sur votre alcôve. Tu n'étais pas la source des problèmes de cette famille et du personnel, comme on le voulait, non. ILS étaient, au contraire, la source de tous tes maux : ils ignoraient ta valeur. Ce dernier traumatisme t'avait fait tomber malade : tu avais la nausée, ta peau était froide mais tu avais les mains moites ; tu avais mal à la gorge et au cœur, tu peinais à respirer. Il te fallait beaucoup de repos.

Une tendre berceuse résonna dans votre chambre, te réconfortant - un chant que toi seule semblais entendre : c'était la voix de celle qui te donna envie de vivre et, encore une fois, sa chanson t'aida à dormir - la voix de Solace, ta nourrice. Tu pensais délirer, tu avais trop de fièvre pour comprendre ce que tu compris plusieurs années plus tard, pendant que ton frère se trouvait à l'hôpital.

*** Fin du flashback ***

La clochette de la porte sonna, annonçant la venue d'un client.
Esquissant un mince sourire, tu as chassé ces sinistres souvenirs, tu as repris le boulot. C'était une femme qui était pressée et qui voulait acheter un bouquet de fleurs que vous n'aviez plus. Elle t'avait demandé des renseignements mais elle ne t'écouta pas pour autant... Quelle malpolie ! Elle vint même à t'interrompre pour te dire de laisser tomber, qu'elle ne voulait plus les fleurs qu'elle t'avait demandé et emporta plutôt quelques roses blanches.

Malgré le manque de respect de cette cliente, tu ne t’offusquas pas et tu gardas le sourire - tout simplement. La vie t'avait dit qu'on ne pouvait ni apprendre ni aider ceux qui le refusaient. Ainsi, tu n'allais pas tendre la main si c'était pour qu'on la frappe. Néanmoins, on savait que si on avait besoin de quoi que ce soit, tu seras toujours prête à intervenir.
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